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Le #FrichtiChallenge : pari relevé, pari réussi ?

Marketing | Réseaux sociaux

Frichtichallenge frichti startupCes derniers mois, on a vu fleurir sur les réseaux sociaux bon nombre de photos de food comportant le hashtag #FrichtiChallenge.

Lorsqu’on clique sur le hashtag sur Twitter, une déferlante de #foodporn sous nos yeux. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser notre appétit. Et bien sûr notre curiosité !

frichti challenge tweets

C’est quoi le #FrichtiChallenge ?

Frichti, pour ceux qui ne connaissent pas, est à l’origine une start-up qui propose la livraison à domicile ou au bureau de repas de toutes sortes : plats préparés, petit-déjeuners, apéros, mais aussi kits à cuisiner et ingrédients frais.

Frichti rentre donc en concurrence directe avec les autres acteurs du marché, Deliveroo, JustEat, FoodChéri, Nestor… Alors que Foodora a mis la clé sous la porte et qu’UberEats domine le marché, comment faire pour sortir de la masse ?

Le pari de Frichti est le suivant : à la façon d’un programme ambassadeurs, ils ont trié sur le volet et sélectionné 300 clients de la région Ile-de-France. Les heureux élus se voient accorder le privilège de pouvoir manger Frichti gratuitement, tous les jours, À VIE ! Vous imaginez ?

La seule condition – car oui, il en fallait bien – c’est qu’ils doivent commander tous les soirs, et poster à chaque fois une photo de leur commande sur les réseaux sociaux avec le hashtag #FrichtiChallenge. Facile ? Plutôt contraignant !

Si un soir, vous ne mangez pas chez vous, si vous partez en vacances, si vous oubliez de poster une photo : le privilège saute !

Lancé en juin avec 300 parisiens, le #FrichtiChallenge ne comptait plus que 90 ambassadeurs un mois plus tard…

Une prise de risque mesurée ?

Sur le papier, l’idée est excellente ! En sélectionnant un petit échantillon de clients, Frichti leur donne un privilège qui donne envie de s’investir et de relever le défi. Certes les modalités de jeu sont un peu contraignante, mais la récompense à vie a son charme ! Là où Frichti aurait pu être un livreur food comme un autre, les ambassadeurs se chargent d’abreuver les réseaux sociaux de nourriture, ce qui permet d’éveiller la curiosité des internautes, et de montrer la diversité de l’offre Frichti.

La prise de risque (devoir payer des repas quotidiens Frichti à vie) était mesurée face à une évidence : absolument personne ne peut tenir ce challenge.

Et pourtant…

Si probablement personne n’est assez déterminé pour tenir ce #FrichtiChallenge à vie, c’était sans compter sur les 90 parisiens qui ont tenu le coup, un mois après le lancement !

Jusqu’où iront-ils pour profiter de repas gratuits ? C’est la variable difficile à mesurer quand on lance un jeu à durée indéterminée.

Face à la détermination de ces derniers  ̶g̶a̶u̶l̶o̶i̶s̶ parisiens qui résistent, Frichti prend peur.

C’est ainsi qu’en cours de route, pour limiter les tricheurs qui feraient réceptionner leur commande par des amis, et décourager les plus déterminés, Frichti décide de « pimenter » – selon leurs dires – le challenge.

Ainsi, les ambassadeurs sont sommés d’envoyer, en plus d’une photo de leur commande sur les réseaux sociaux, un selfie ! A l’heure où protection des données est une des préoccupations principales des internautes, l’accueil n’a pas été unanime.

Et ce n’est pas tout, pour rajouter du challenge, là où il y en avait déjà pas mal, Frichti lance ensuite des défis aux ambassadeurs : cuisiner un repas 100% français, une tarte…

Seuls hics :

  • Obliger les ambassadeurs à réaliser des défis culinaires, comme s’ils étaient des influenceurs rémunérés va à l’encontre de l’histoire derrière Frichti :

“Je me suis rendu compte, avec ma compagne, que nous avions beaucoup de mal à bien manger au quotidien : il nous fallait cuisiner deux heures par jour, ou dépenser 30 euros en sushis ou pizzas.” Ils se lancent alors dans la livraison de repas à domicile à Paris, avec Frichti. (source)

  • Avoir une offre large, avec des produits et une carte qui change, et imposer des défis aux ambassadeurs, c’est un peu dommage
  • Traiter des ambassadeurs comme s’ils étaient des concouristes susceptibles de faire appel à la triche, peut être assez rebutant, même – surtout ? – quand on est de bonne foi
  • Reprocher à des clients fidèles et impliqués de « trop » jouer le jeu, c’est compliqué
  • On ne change pas les règles d’un jeu en cours ! Déjà, parce que c’est pas fair-play, mais surtout, parce que c’est interdit !

Quels enseignements retenir de ce #FrichtiChallenge ?

  • Une belle opération de communication, audacieuse, qui a généré beaucoup d’UGC (User-Generated Content) sur Twitter, mais 17 seulement sur Instagram, ce qui est dommage pour LE réseau social préféré des foodies
  • Même si depuis quelques années, il n’est plus obligatoire de déposer le règlement d’un jeu chez un huissier, il est quand même grandement conseillé de faire appel à un professionnel pour se prémunir de ce genre de mésaventure
  • Bad buzz is buzz quand même ?

Mais si seulement si ça colle au positionnement de l’entreprise (Bagelstein, par exemple). Personne n’a envie de voir son @ cité dans un tweet avec la DGCCRF, la CNIL, 60 millions de consommateurs et UFC Que choisir… Heureusement, Frichti a su écouter sa communauté, et revenir aux règles précédemment établies. Dommage, toute cette « crise » aurait pu être évitée. 

En bref, sortez couverts, en bonne compagnie 😉

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